Jean Rouch, 1958, France, 29 minutes

Tourné en un seul jour, le film montre les pratiques rituelles d'une secte religieuse. Les pratiquants du culte Hauka, des travailleurs des régions du Niger venus à Accra, se réunissent à l'occasion de leur grande cérémonie annuelle. Dans la "concession" du grand prêtre Mountbyéba, après une confession publique, commence le rite de la possession. Bave, tremblements, respiration haletante… sont les signes de l'arrivée des "génies de la force", personnification emblématique de la domination coloniale : le caporal de garde, le gouverneur, le docteur, la femme du capitaine, le général, le conducteur de locomotive etc… La cérémonie atteint son paroxysme avec le sacrifice d'un chien qui sera mangé par les possédés. Le lendemain les initiés retournent à leurs occupations quotidiennes.Le titre du film traduit le mot "Haouka" (maître du vent, maître de la folie) mais évoque en même temps la situation coloniale où les "maîtres" (les Européens) étaient perçus comme fous. Apparus vers 1927 dans les danses de possession songhai, ces génies très particuliers étaient inspirés directement par l'armée et les administrations française et britannique. Les travailleurs émigrés d'aujourd'hui résolvent par des crises de possession du culte des Haouka, violentes mais maîtrisées, leur adaptation au monde moderne.

Dans le cadre de notre cours, nous utiliserons ce film classique du cinéma ethnographique comme point de départ d’une réflexion sur normal et pathologique, dans le cadre du regard médical colonial.

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