Mai 2016 : Les limites du soin

Les limites du soin traversent les problématiques abordées ce mois-ci par les étudiants : refus de soin, impossibilité de rentrer en communication avec le patient, incurabilité, limites du savoir médical. Confrontés aux limites du curatif, c’est leur place même de soignant que les internes interrogent.

Tous évoquent le malaise qui s’installe face à l’absence apparente de solution. Leurs ressources se trouvent alors, dans les récits rapportés, dans le compagnonnage. En se tournant vers leurs séniors, les internes trouvent une réponse qui leur semble inattendue : savoir accepter ces limites, savoir ne rien faire, et explorer les possibilités offertes par le réseau de relations et plus généralement par une autre vision du soin. 

« Cette relation suppose alors du côté du soignant non seulement de la compétence, mais aussi de l’attention à autrui et un engagement personnel. Lorsque les gestes techniques de soin ont été effectués, ou bien lorsqu’il n’existe pas de geste technique qui répondent aux besoins d’autrui, la présence seule constitue (encore) un soin, voire seule la présence constitue le soin approprié, parfois sans parole, sans tentative de minimiser la souffrance, mais dans l’attention à l’autre et dans la reconnaissance et le respect de sa souffrance » (voir C. Lefève - cours sur l’éthique du care).  Dans L’éthique du care, Brugère écrit : « La puissance d’activité du « prendre soin de » tient dans une attention à la vulnérabilité et aux chaînes de vulnérabilité (la sienne propre, celle des autres dont on a la responsabilité, etc.) Elle est une manière de faire en fonction des dépendances et des interdépendances » (p. 38).

Or, dans ces chaînes de dépendance, les relations avec la famille ont également été beaucoup interrogées. Comme nous le rappelle Martine Ruszniewski (Interview p.4) dans la relation de soin, « les proches sont du côté du sujet, ils sont le signal que ce patient est un sujet avec son histoire, ses relations, son existence, ses proches…et tout cela doit continuer de faire irruption dans le service. Au risque de gêner, de perturber, en sachant qu’il est possible de se nourrir de cet inconfort pour rendre la relation vivante ». (L’annonce, p.128). 

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